A propos du Marché

Nous sommes installées à côté du Marché Total de Bacongo, un des plus gros marchés de Brazzaville.

Le marché s’organise en filières autour de plusieurs catégories d’intervenants: plusieurs niveaux de grossistes, avec les grossistes en début de filière, les semi-grossistes, qui vendent parfois depuis leur camion aux abords du marché, et les détaillants finaux. Certains fournisseurs viennent de Kinshasa, de l’autre côté du fleuve.

La frontière n’est pas étanche entre ces différente catégories, notamment entre les semi-grossistes et les détaillantes sur le marché, et dépend notamment de la capacité d’investissement des vendeuses. Une remise en cause de la position des individus dans la filière, notamment par un apport massif de financement, est potentiellement génératrice de tensions. Certaines femmes travaillent seules. D’autres travaillent en association informelle, ou ont des employés.

La frontière entre filières est claire mais les vendeuses sont peu nombreuses à se spécialiser et sont flexibles. Beaucoup cherche à optimiser leurs activités en achetant des produits avec de meilleures marges, et change en fonction des opportunités, de leur capacité d’investissement et des saisons. Certains produits nécessitent peu d’investissements mais créent peu de marges. En font partie certains produits de consommation courante, pour lesquels l’offre est importante, telles les feuilles de coco. Les femmes qui achètent et préparent des feuilles de coco sont parmi les plus pauvres du marché. D’autres produits créent davantage de marges, comme le poisson. Finalement, le commerce d’un certain nombre de produits obéisse à une logique saisonnière. C’est le cas des fournitures scolaires à la rentrée, ou de la période des fêtes.

Finalement, les produits, notamment alimentaires, demandent des conditions de conservation et des contraintes différentes. La chaleur amplifie les problèmes de conservation pour les produits à risque (viande, glace, yaourt, etc).

De façon générale, travailler sur le marché est source d’un certain nombre de difficultés et tensions. La journée commence tôt, les vendeuses de légume arrivant dès le petit matin. La compétition y est importante. Les conditions de travail sont loin d’être faciles : en tête figurent les problème d’insalubrité (gestion insuffisante des déchets, problème d’assainissement, problème d’hygiène, etc.) et de sécurité (problème de vols, menaces, etc.).

Le marché est néanmoins un lieu d’opportunités dans un contexte où le chômage est important : sources d’information, sources de revenus et centre commerçant de Brazzaville.

Le marché Total attire donc de nombreuses vendeuses de divers horizons. La langue dominante sur le marché est le lingala, mais la plupart des femmes sont bilingues lingala-français. Le niveau d’éducation et de formation des femmes varient et les histoires individuelles des vendeuses reflètent la variété des trajectoires. Tandis que certaines femmes sont peu lettrées, voire illettrées pour une minorité, d’autres ont fait des études et sont diplômées de l’université (BTS, Licence). Enfin, un certain nombre de femmes travaillent sur le marché en parallèle de leur activité principale. Cette diversité de parcours s’explique par le taux de chômage important au Congo, le faible nombre d’emplois formels et les salaires peu élevés.

Approvisionnement - Les vendeuses viennent acheter les légumes en gros à la gare routière non loin du marché

Approvisionnement – Les vendeuses viennent acheter les légumes  n gros à la gare routière non loin du marché

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