Trouver sa place

Dernièrement, à l’occasion du « Sommet des Trois Bassins de l’Amazonie, du Congo et de la région Bornéo-Mékong-Asie du Sud-Est », organisé à Brazzaville du 23 au 26 octobre, toutes les femmes qui vendaient le long de l’avenue principale, tout près du marché TOTAL, ont été déplacées. 
Certaines ont été envoyées là où on aurait dû reconstruire l’ancien marché (aucun chantier n’a commencé). Celles qui étaient sur l’avenue en plein marché TOTAL ont été envoyées dans les étages du nouveau marché, étages difficilement accessibles : il n’y a pas de monte-charge. 

Tout cela a produit un grand désordre entre les femmes, et entre les femmes et la police des marchés, car trouver une place est très difficile. 
Cette décision, présentée comme ponctuelle, a été pérennisée à la fin du sommet, ce qui a généré de nouvelles tensions et des bousculades.


Si nous comprenons la nécessité de faciliter la circulation et de réguler les marchés informels, on s’insurge contre des méthodes qui ne sont pas respectueuses des personnes, ni cohérentes. Les déplacements brutaux de vendeuses informelles sont quotidiens sur les marchés. Et il n’est pas rare que notre équipe intervienne comme médiatrice à la demande des femmes sur le marché Total tout comme sur celui de Madibou. Les conflits sont tous liés au manque de place correcte (avec une table), aux conditions lamentables proposées dans les infrastructures anciennes et à l’inadaptation des infrastructures nouvelles. Et cela dure depuis des années. 


C’est au milieu de ces désordres – sans parler des pluies diluviennes, de la montée des prix et notamment du diesel, ce qui plombe l’économie des transports, que les femmes font des efforts immenses pour s’en sortir tant bien que mal. 

C’est au milieu de ce désordre que nous devons continuer à les soutenir.

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