Lundi 14 novembre – Comment noter ses recettes ?

La formation avance : les formées ont, depuis quelques semaines, travaillé le calcul du bénéfice à travers plusieurs études de cas, et il est possible de dire que l’idée de « bénéfice » est comprise.


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Maintenant, le plus difficile commence pour les femmes. Il s’agit de calculer leur propre bénéfice, et dans ce but, il faut qu’elles enregistrent, quotidiennement et soigneusement, leurs recettes et leurs dépenses.

Elles ont pour cela un « petit carnet » fourni par FAFA au début de la session. Dès le départ, l’équipe leur a expliqué l’intérêt d’avoir des informations précises sur leur activité, et d’essayer d’alimenter ce carnet. Au bout de 3 mois, les dépenses semblent correctement suivies. En revanche, noter les recettes restent pour les femmes un vrai casse-tête. 

Pour comprendre ces difficultés, il faut se replacer dans le contexte de travail de ces femmes : pas de caisse automatisée ou enregistreuse manuelle. Notonq qu’il n’y a pas de balance non plus : le poisson ou les légumes par exemple sont vendus en « tasé plus ou moins gros. Le seul instrument à leur disposition est donc ce petit carnet, qui difficile à poser sur une table de marché, qui est fragile à la manipulation et craint la pluie, et un crayon.

Imaginons une vendeuse : parfois le marché est calme et alors, elle peut noter les informations après chaque vente, à savoir le montant perçu, ou mieux le montant perçu et la marchandise associée. Mais souvent le marché est animé, bruyant. Les clientes se succèdent. Chaque vente est une négociation puisque les prix ne sont pas fixes, dans la mesure où rien n’est pesé. Il y a aussi l’emballage, pas toujours du plus pratique, puisqu’il s’agit souvent de papier journal « recyclé », la pluie qui ruisselle, ou la chaleur qui écrase. Sans compter, depuis quelques mois, la présence d’individus armés (soldats ou milices) qui sillonnent le marché, notamment à Bacongo, réputé être un repaire des gens du Pool. Bref, beaucoup d’éléments qui empêchent d’avoir le temps (et la disponibilité) de noter correctement ses ventes. 

En fait, il est presque impossible de noter toutes les ventes en détail. Pour le moment, au vu des outils existants, les femmes tentent simplement de noter, chaque fin de journée, ce qui est entré dans leur porte-monnaie. Mais il faut aussi noter ce qui en est sorti pour la famille, l’activité, la vie. Et la mémoire fait souvent défaut.


Une grande partie de la session de ce lundi 21 novembre a donc tourné autour de l’organisation qui pourrait faciliter cette prise de notes recettes-dépenses et lui assurer une meilleure validité : chacune semble avoir des solutions à tester mais le contexte de travail et le total manque d’outils ne facilitent pas leur tâche. Et pourtant, les bénéficiaires ont maintenant bien compris l’intérêt d’avoir un détail de leurs recettes et de leurs dépenses pour mesurer plus précisément ce que leur rapporte leur activité. Rendez-vous dans quelques semaines pour voir si leurs investigations ont porté leur fruit.

 

 

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