En mai, on en fait deux fois plus ! Avec le projet ULULE « 48 femmes debout »

En face, au loin Kinshasa, la république de la RDCRien ne change en mai dans la capitale de la République du Congo.  C’est bientôt la fin de la saison des pluies qui apportera la saison sèche, avec sa chaleur si harassante dans une ville où la climatisation est exception, car l’énergie électrique et sa distribution restent des problèmes quotidiens. Le Congo Brazzaville est pourtant un pays riche : pétrole, bois, ce pays longé par l’océan au sud-ouest et par fleuve Congo à l’est regorge de ressources naturelles.

Brazzaville vit en face de sa voisine, Kinshasa, la république de la RDC, juste de l’autre côté du fleuve, une ville immense et violente, une ville avec laquelle Brazzaville échange peu. Entre les deux, le fleuve Congo, immensément large (5kms) et curieusement vide d’embarcations.

En mai, à la Maison des femmes de Bacongo, rien ne change. Comme tout au long de l’année, la vie quotidienne des femmes est ponctuée par des problèmes de toutes sortes. Elles n’ont pas ou peu d’argent, elles ne savent pas de quoi demain sera fait, elles s’interrogent sans cesse sur l’avenir de leurs enfants, s’inquiètent pour de vieux parents qui n’ont pas de retraite (sauf pour les fonctionnaires et elle est bien maigre et pas toujours versée).

Les « mamans » savent que le moindre problème peut devenir une catastrophe – un enfant malade, un accident qui les empêche de travailler, les prix des marchandises qui montent ou descendent, une élection qui tourne mal…
Elles vivent au jour le jour, et il est difficile de leur demander de se projeter dans un futur proche. Elles n’ont pas envie d’y réfléchir. Le même gouvernement depuis des décennies, deux guerres civiles dont on voit encore les traces dans les trous des rues de Brazzaville, des violences spasmodiques. Et, en arrière-fond, la crainte d’un conflit qui recommence.

collaborationPourtant, elles avancent, plutôt fières et élégantes comme savent l’être les brazzavilloises, même avec de petits moyens.  De la beauté, de l’acharnement, et puis parfois, du désespoir – un désespoir insondable qu’elles préfèrent taire -, du fatalisme.

A la Maison des femmes, nous essayons de les aider à reprendre confiance en l’avenir, ou du moins à se sentir moins vulnérables.  Quand on connait bien son travail et qu’on apprend à analyser ses échecs et ses réussites, c’est déjà un pas vers plus de stabilité, moins de fatigue et de stress.

Voilà pourquoi nous continuons notre travail, goutte d’eau dans un océan de difficultés. Mais les femmes qui passent par la Maison des femmes vont mieux. Ce n’est pas rien ! Alors on continue et en mai, on veut en faire plus, en faire au moins deux fois plus.

Et c’est pour cela que nous avons lancé notre premier projet ULULE !

48 femmes debout

Brazza_11

 

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