A Brazzaville, la crise n’en finit pas…

La crise perdure à Brazzaville avec la baisse du prix du pétrole, ressource principale du Congo Brazzaville. Durant la période de relative prospérité que le Congo a connue quand le baril était à 150$, le gouvernement n’a pas tenté la moindre diversification et c’est ainsi que le Congo dépend encore du pétrole à 90%. On comprend aisément que la baisse des rentrées pétrolières dans les caisses de l’Etat depuis 2015 a entrainé et entraîne des problèmes toujours plus importants dans la vie économique : l’Etat, seul garant des emplois, paie avec retard ses fonctionnaires – lesquels creusent leur endettement. Les retraités ne sont pas mieux lotis. Quant aux étudiants, s’ils touchent leurs bourses, c’est avec un retard insoutenable (au dire de notre équipe : environ 24 mois).

Le Congo est en pourparlers avec le FMI qui est prêt à aider les Congolais, à la condition que le règlement de la dette, notamment vis à vis des Chinois, soit clairement organisé, ce qui n’est pas simple.

Cette crise a entraîné le départ de la plupart des entreprises internationales qui craignaient de ne pas être correctement payées et ont déserté la place. Les petites entreprises, qui ne sont plus soutenues par le marché local ou les commandes de l’Etat, ferment les unes après les autres, laissant sur le carreau un grand nombre de sans-emploi.

Tout cela se situe dans un contexte où d’incessantes coupures d’électricité empêchent toute activité de fonctionner correctement. Ainsi, nous attendons la livraison de « carnets de formation » mais pour le moment, l’imprimeur a bien du mal à gérer ses commandes car rien ne fonctionne : il n’a pas lui-même de groupe électrogène et dépend d’arrangements précaires pour travailler. A cela s’ajoute une nouvelle pénurie de l’eau distribuée par la ville.

Les conséquences de cette crise s’intensifient sur le marché Total. En effet, le Congo Brazzaville ne connaît pas Pôle Emploi et ses aides aux chômeurs, et tous ceux qui ont perdu leur emploi cherchent de petits revenus sur le marché. Les fonctionnaires qui ne sont pas régulièrement payés sont aussi en recherche de quelques revenus. Tout cela fait que la concurrence est de plus en plus importante et qu’il y a de moins en moins de clients par vendeur/vendeuse. Les vendeuses restent tard sur le marché : quelques femmes bénéficiaires de la formation ont pour la première fois refuser de venir à la formation du lundi après-midi pour ne pas perdre 3 heures de potentielles ventes.
Le marché Total s’étend et occupe maintenant les parcelles voisines de la Maison des Femmes. On note une forte baisse du volume d’achat par client, car les prix continuent à augmenter.

Les femmes vendeuses adaptent leur commerce. Depuis quelques temps, le marché a vu apparaître de toutes jeunes filles qui vendent de l’eau fraiche dans des sachets en plastique transparents. Mais, ironie des politiques publiques, comme l’Etat a interdit l’utilisation de sacs plastiques dans le cadre du développement durable, ces jeunes filles sont pourchassées par la police qui n’hésite pas à leur donner des amendes.

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Dans ce désordre, la Maison des femmes reste un lieu de rencontres et d’échanges qui réconforte. Nous ne pouvons rien sur cette situation si difficile, mais le dispositif que nous proposons donne aux femmes des ressources afin qu’elles soient mieux armées à faire face. Et la première des ressources est bien la confiance en elles qu’elles acquièrent en venant discuter, échanger et se former à la Maison des femmes.

 

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